Imaginez que vous enseignez le chant dans
une classe de maternelle et qu'un gamin de 5 ans braille dans vos oreilles.
Avec ma voix, je pouvais couvrir le bruit du moteur de notre vieille
"Moskvich" avec laquelle nous allions à la datcha et celui de la
radio à la maison. Afin d'épargner les nerfs et les tympans de mes parents et
pour garder de bonnes relations avec le voisinage, il ne restait rien d'autre
que de m'envoyer dans une chorale. Ca a marché et, en peu de temps, j'ai arrêté
de chanter.
L'effet secondaire
de ce traitement a été de me retrouver en école de musique en section
accordéon. Mais craignant que je ne fasse une tournée d'accordéon et que je ne
terrorise à nouveau les gens, mes parents ont trouvé quelque part un piano,
avec la mystérieuse inscription "Bluthner" et mon destin était réglé.
A l'école, à part
les matières obligatoires comme les mathématiques et la géographie, les
enseignants, les cours et le directeur, il y avait aussi les camarades, les
pauses et les heures de temps libre. C'est ainsi que l'on jouait avec tous
types d'instruments sur des rythmes expérimentaux. Notre groupe s'appelait
étrangement "ABU-Music". Ca s'est poursuivi ainsi dans la première
moitié des années 90, puis, j'ai dû changer d'instrument pour un retranchement
et pendant deux ans, mes talents vocaux et musicaux ne se sont exprimés que sur
une place avec des marches. Il y eut ensuite des années de rétablissement
"après-guerre", et en 2001, j'ai repris les vieilles habitudes. J'ai
joué de la guitare basse dans un groupe bientôt baptisé "AtmAsfera".
Je n'en dirai pas
plus, prenez simplement notre musique, écoutez-la, et, plus important, écoutez
les paroles. Je ne les classerais pas comme "bonnes ou mauvaises", ou
dans la catégorie "j'aime ou je n'aime pas". Elles ne laissent pas
les auditeurs indifférents et c'est cela le principal.