Je sui né et ai grandi à Lviv (ville
ukrainienne proche de la frontière polonaise). Etonnamment, je garde le
souvenir où mon corps était si petit que ma mère pouvait me tenir dans ses
mains. En fait, à ce moment là, j'ai commencé à chanter avant même de parler et
de marcher. J'essayais de répéter les chansons d'Armstrong, Sinatra et autres
que mes parents écoutaient sur un tourne-disque, moderne à l'époque. Par
ailleurs, il y avait de la musique pop de cette époque pleine d'idées radieuses
et naïves d'une vie future heureuse. Mais en fait, la musique n'a complètement
envahi mon esprit qu'après avoir entendu Bach. A partir de là, un orgue ne
cessait de jouer en moi, je pouvais passer des heures à créer un flot continu
sur mon instrument virtuel. Lorsque j'avais un instrument sous la main, je ne
perdais jamais l'occasion de faire une improvisation (malheureusement, pas avec
autant de virtuosité).
Parfois,
j'empruntais à ma sœur sa guitare sur laquelle j'ai commencé à donner libre
cours à mon imagination et c'est ainsi qu'en quelques mois je me suis retrouvé
dans mon premier groupe de rock. Un de mes amis m'a offert un rameur et,
parallèlement à mes occupations dans un cercle d'études radiophoniques (un
camarade de classe m'y avait entraîné), j'ai commencé à faire des gammes sur la
guitare. Ensuite, je me suis acheté une batterie qui a fait souffrir mes
voisins sous la direction de mon ami, professeur de batterie, Alfa (Andrey
Alfavitskiy). Mes voisins ont vraiment vécu des moments difficiles, par la
suite apparut aussi un saxophone (qui s'avéra encore plus bruyant), mais ils
survécurent dans la dignité. Après, il y eut différents groupes de genres
variés (du trash metal au jazz et au rap), ainsi qu'un studio pour répéter et
enregistrer. En même temps, j'ai étudié à l'institut polytechnique en faculté
de radio, j'ai fait du pentathlon, de la natation et de la boxe, du chant à
"Dudaryka", du camping sous le premier drapeau ukrainien jaune et
bleu, des expéditions archéologiques…
Il y eut ensuite
les groupes "Astralnyy Plan" ("Plan Astral" : sans rapport
avec la drogue à laquelle je reste opposé), puis "Okean Elzy" (nous
faisions des concerts ensemble et étions amis). Le fonds ukrainien de la
culture s'est intéressé à nous, de sorte que, rareté à cette époque, nous avons
eu un manager pour enregistrer un album, faire une tournée avec "Bratya
Gadyukiny", "Plach Yaremii", "VV"… Mais tout cela
m'ennuyait étant, de nature, un homme de convictions et à cette époque où se
formait ma conception du monde, j'ai décidé de partir à la quête d'une vie au
sens plus profond. J'ai alors disparu 7 ans dans une direction inconnue de la
plupart de mes amis et suis revenu avec quelques chansons simples au contenu
philosophique (enregistrées dans l'album "Planeta Lyubvi" ou
"Planète de l'Amour") que je chantais parfois dans des groupes
originaux. Les sœurs Yaremchuk, touchées droit au cœur par mes chansons, sont
alors apparues. Nous avons décidé de créer un groupe, avec d'autres musiciens
ne faisant plus partie aujourd'hui d'AtmAsfera. Nous portions alors le nom naïf
de "Planeta Lyubvi" et essayions de chanter le véritable Amour, avec
un grand A, opposé au simple désir et à la concupiscence pourtant appelés par
le même mot : amour.
Avec AtmAsfera nous
avons débuté avec des chansons simples au sens profond (album "Planeta
Lyubvi 2), puis notre musique est devenue plus hard et avons enregistré l'album
"Znayty" ("Trouver"). Plus tard, nous avons expérimenté des
ambiances ethno qui ont conduit à l'album "Forgotten Love" (l'Amour Oublié).
Nous poursuivons désormais notre quête dans le domaine ethno.